Des taux d’intérêt plus élevés imposent des choix plus stricts
Le monde évolue à un rythme effréné. Et il ne s’agit pas seulement de la révolution de l’IA.
La période des taux d’intérêt exceptionnellement bas est probablement derrière nous. Les taux reflètent à nouveau mieux les prévisions d’inflation et de croissance futures. Et avec cela, une discipline revient, que nous avions peut-être oubliée : celle du choix.
Les taux d'intérêt plus élevés interviennent à un moment où le besoin de capital est immense. De nombreux gouvernements des pays développés (États-Unis, Japon, France, Italie, …) sont confrontés à des dettes colossales et à des déficits budgétaires annuels. Parallèlement, la révolution de l’IA exige des investissements exceptionnellement importants, qui sont de plus en plus souvent financés via le marché des obligations.
Les gouvernements et les entreprises se disputent une épargne qui n’est pas infinie. Ce n’est pas une histoire nouvelle, mais après une période de taux très bas, nous l’avions presque oubliée. Les taux d’intérêt actuels ne sont pas trop hauts , mais constituent une indemnité correcte pour l’inflation et les prévisions de croissance futures.
Les anticipations d’inflation à long terme se situent tant aux États-Unis que dans la zone euro autour de 2,3 à 2,5 %(1) . La croissance potentielle pour les États-Unis est estimée à 1,8 à 2,1 %(2) pour les 5 à 10 prochaines années, tandis que celle de la zone euro se situe autour de 1 à 1,2 %(3) . Ajoutez à cela l’indemnité que les investisseurs exigent pour prêter de l’argent à long terme, de 0,50 à 1 %, et il devient clair : les taux d’intérêt actuels ne sont pas excessivement élevés.
Taux d’intérêt : retour à des niveaux plus normaux
IA : la plus grande vague d’investissements jamais vue
Selon une étude de Stijn Van Nieuwerburg(4), l’infrastructure IA aux États-Unis nécessiterait 9 000 milliards de dollars d’investissements. De plus, une partie des investissements deviendra récurrente. Les puces vieillissent relativement vite – surtout en comparaison avec d’autres grandes vagues d’investissements comme la construction des chemins de fer ou des réseaux de fibre optique.
Le professeur Van Nieuwerburg a calculé qu’un rendement annuel de 3 550 milliards de dollars serait nécessaire pour couvrir les dépenses d’investissement et d’exploitation des centres de données d’ici 2032. Son modèle part d’un rendement exigé de 10 % sur le capital investi et d’une période d’amortissement de six ans pour les GPU, les puces de calcul pour l’IA, et de 20 ans pour les bâtiments(4) . Un montant énorme que les utilisateurs de l’IA devront finalement payer – directement via des abonnements ou indirectement via la publicité dans les modèles d’IA gratuits.
Y a-t-il une bulle spéculative ?
Chez certains investisseurs en Bourse, le doute grandit quant à la viabilité de cette rentabilité future. Belfius Investment Strategy estime qu’il est trop tôt pour parler déjà d’une bulle boursière. Pourquoi ?
· Pas de valorisations boursières excessives : le concepteur de puces d’IA Nvidia se négociait il y a quelques années à 50 fois les bénéfices, aujourd’hui, après d’énormes hausses de cours, à 17 fois.5 Cela ne ressemble pas à une bulle. La hausse des bénéfices a été bien plus forte que la hausse des cours. Bien sûr, le passé ne dit rien sur l’avenir. C’est pourquoi il est important de regarder les carnets d’ordres.
· La demande est supérieure à l’offre. Nvidia(6) , mais aussi les fabricants de puces AMD, Micron ou Samsung peinent à suivre la demande(7) .
· Aujourd’hui, plus de 97 % de la capacité des centres de données est utilisée. À la fin des années 90, seulement 7 % de la capacité de la fibre optique était effectivement exploitée. La vague d’investissements ne s’arrêtera pas en 2027(8). De nombreuses entreprises indiquent en effet vouloir augmenter leurs investissements en IA l’an prochain(9).
Des taux plus élevés imposent la discipline
Les taux d'intérêt plus élevés ont des conséquences considérables. Les pouvoirs publics devront faire des choix pour remettre leurs budgets en ordre. Reporter n’est plus une option, car la boule de neige des taux menace. Les entreprises devront démontrer que leurs projets d’investissement sont utiles et rentables. Si ce n’est pas le cas, les valorisations boursières baisseront.
Et vous aussi, en tant qu’investisseur, devrez faire des choix. Belfius reste positif sur les actions, mais la sélectivité deviendra plus importante. Les fluctuations sur les marchés d’actions peuvent s’accentuer, avec des gagnants et des perdants. Les investissements en IAet la croissance des bénéfices des entreprises soutiennent les marchés boursiers, mais les tensions géopolitiques, la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation des charges de financement poussent dans la direction opposée.
Portefeuille diversifié
Pourtant, la réponse ne devrait pas être une surprise. Un portefeuille d’investissement bien diversifié sur toutes les classes d’actifs (obligations, actions et placements alternatifs comme l’or, les matières premières ou l’immobilier) aide à prendre des décisions d’investissement fondées sur une stratégie d’investissement cohérente.
Une répartition fixe entre actions et obligations impose une discipline d’investissement. Cela signifie rééquilibrer : prendre des bénéfices sur les positions qui ont progressé et réinvestir afin que la proportion « actions versus obligations » reste adaptée à votre profil d’investisseur. Il est également recommandé de rééquilibrer au sein des classes d’actif, afin que votre portefeuille reste diversifié dans tous les secteurs et régions.
Les obligations peuvent à nouveau jouer leur rôle de réserve dans un portefeuille. Personne ne sait quand le rallye technologique s’essoufflera, mais si l’économie ralentit, les taux pourraient baisser, ce qui peut entraîner une hausse des cours des obligations. Cette augmentation peut alors compenser la perte éventuelle des actions.
Dans ce monde en mutation, vous pouvez plus que jamais compter sur notre accompagnement et notre expertise.
Quelques définitions
Un fonds d’investissement (également appelé «organisme de placement collectif» ou «OPC») est un produit financier qui vous permet d’investir selon une stratégie déterminée dans un portefeuille de titres (actions, obligations…). Les fonds comportent des risques et des frais. Le capital et/ou le rendement n’est/ne sont pas garanti(s) ou protégé(s).
En investissant dans des obligations/instruments de dette, vous prêtez de l'argent à une entreprise ou à un gouvernement. Une obligation donne droit à un taux d'intérêt (généralement) fixe et à un remboursement du capital investi à l'échéance. Cependant, votre capital n'est pas garanti. Par exemple, si l'émetteur n'est pas en mesure de rembourser ses dettes à l'échéance, vous risquez de perdre tout ou partie du montant investi. D'autres risques sont également associés aux obligations/ instruments de dette, tels que le risque de change et le risque d'inflation.
Une action représente une partie du capital d'une entreprise. Si vous achetez des actions en bourse, vous devenez copropriétaire de l'entreprise à hauteur du pourcentage d'actions que vous possédez. En tant qu'actionnaire, vous avez droit à des informations, notamment sur les comptes de l'entreprise, sa stratégie, etc. Vous disposez aussi généralement d'un droit de vote à l'assemblée générale des actionnaires. Vous partagez les bénéfices, ainsi que les pertes, dans la limite de votre investissement. Les actions comportent des risques et des frais. Le capital et/ou le rendement n’est/ne sont pas garanti(s) ou protégé(s).
(1) Source: Refinitiv 5 et 10 ans forward inflation expectations op 16-10-26
(2) Source: CBO (Congressional Budget Office)
(3) Source: Commission européenne (2024 Ageing Report – Long term potential GDP projections)
(4) Financing the AI Buildout – 23-09-2026 Stijn Van Nieuwerburg, un professeur et économiste belgo-américain à la Columbia Business University
(5) Source: Refinitiv – Cours/Bénéfices pour les 12 prochains mois – janvier jusqu’à août 2023 : +/- 50, le 16-10-26: 17
(6) Source: BG2 podcast avec CEO Jensen Huang de Nvidia le 13-10-2026
(7) Source: reuters
(8) Bron: JLL Research
(9) McKinsey The State of AI: Global Survey 2026
Ce document, rédigé et publié par Belfius Banque, donne la vision de Belfius Banque sur les marchés financiers. Il ne contient pas de conseil en investissement personnalisé, ni de recommandation d’investissement ou de recherche indépendante en matière d’investissements. Les chiffres cités reflètent une situation à un moment donné et sont susceptibles d’évoluer.
N'hésitez pas à contacter votre conseiller financier pour un conseil en investissement personnel qui examinera avec vous les conséquences éventuelles que cette vision peut avoir pour votre portefeuille d'investissement individuel. Les entreprises mentionnées sont citées à titre d'exemple et leur mention ne constitue pas une recommandation d'achat.
