Les marchés financiers restent peu impressionnés par le spectacle (géo)politique

Private Market Info
28 janvier 2026

L’année vient à peine de commencer et l’actualité géopolitique monopolise déjà toute l’attention. Pourtant, les marchés financiers demeurent remarquablement calmes face à la situation. Cependant, la menace du président Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane sur les produits européens a tout de même entraîné un peu plus de fluctuations.

La vision de Belfius reste inchangée: une surpondération stratégique en actions.

Le président Trump n’a jamais caché son ambition d’étendre l’influence stratégique et territoriale de l’Amérique. Et pour protéger les intérêts économiques, financiers et géopolitiques des États-Unis, il se dit prêt à recourir à la force militaire. Cela a été récemment démontré par l’arrestation du président vénézuélien.

Cette action a été justifiée sous le prétexte de la lutte contre la drogue, mais les vraies raisons sont de nature géopolitique et économique. Les États-Unis veulent retrouver plus de contrôle sur l'Amérique latine et, par extension, sur tout l'hémisphère occidental. Les liens entre la Chine et l’Amérique latine sont en effet de plus en plus perçus comme une menace stratégique. La possible présence de la Chine dans la région arctique suscite également des inquiétudes.

Objectif: des prix du pétrole plus bas et des opportunités pour les entreprises américaines

Donald Trump vise à réduire les prix à la pompe pour éviter les débats sur le pouvoir d’achat dans son propre pays. Le rétablissement de l'approvisionnement en pétrole vénézuélien sous contrôle américain pourrait y contribuer. Les préoccupations américaines concernant les protestations en Iran peuvent également être comprises dans ce contexte.

Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, mais ne produit que moins d'un million de barils par jour, soit seulement 1% du total mondial. L'Iran, quant à lui, dispose des troisièmes plus grandes réserves de pétrole et produit 4,7 millions de barils par jour, malgré les sanctions.

Les actions militaires contre l'Iran pourraient fortement influencer le marché pétrolier. D'une part, les infrastructures pétrolières pourraient être ciblées, d'autre part, l'Iran pourrait restreindre le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Cela pourrait bloquer une part significative des exportations mondiales de pétrole brut et de GNL, et entraîner sans aucun doute une hausse des prix de l'énergie.

Ces deux scénarios ont été évités lors de la guerre entre Israël et l'Iran en 2025, ce qui suggère que le risque est peut-être faible. Pourtant, le prix du pétrole a augmenté de 8% depuis le 8 janvier.

Enfin, le Groenland continue d’alimenter les débats. La région arctique devient de plus en plus importante en raison des changements climatiques. La fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et facilite l'accès aux matières premières (critiques).

En principe, les États-Unis peuvent poursuivre leurs objectifs sans modifier le statut juridique du Groenland. Pourtant, Trump souhaite acheter le pays, tant pour des raisons de sécurité que pour des opportunités commerciales. L’Europe a envoyé des militaires, Trump a réagi avec des droits d’importation supplémentaires. Les esprits se sont échauffés. Le revirement est survenu après le discours de Trump au forum économique de Davos. Trump a explicitement exclu le recours à la force militaire contre le Groenland et, après un entretien avec Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, il a levé les “tarifs punitifs” supplémentaires contre l’Europe. Un cadre pour un futur accord sur le Groenland et la région arctique a été convenu avec Rutte. Les détails n’ont (pas encore) été communiqués.

Indépendance des banques centrales: un cap maintenu

Les marchés ne sont pas impressionnés par la pression exercée par Trump sur Jerome Powell, le président de la Banque centrale américaine. Powell a reçu une citation à comparaître dans le cadre d'une enquête pénale concernant ses déclarations sur les charges de rénovation du siège principal. Powell s’est défendu dans un message vidéo et a souligné la pression constante du gouvernement pour abaisser le taux directeur. Le marché voit dans ce message une confirmation que Powell, qui sera remplacé en mai en tant que président, souhaite néanmoins rester encore deux ans comme administrateur.

Par ailleurs, un sénateur républicain est intervenu dans le débat. Tant que la question juridique n’est pas résolue, il s’opposera à tout candidat que Trump proposera comme nouveau président. Puisque Trump a besoin de l’approbation de tous les sénateurs républicains, il risque de se tirer une balle dans le pied.

Quoi qu’il advienne, les marchés des obligations restent en fin de compte les arbitres les plus importants. Si les investisseurs craignent pour l’indépendance d’une banque centrale et/ou les conséquences d’une politique monétaire trop souple, les taux d'intérêt à long terme augmentent. Et c’est ce scénario dont Trump se passerait volontiers.

Pour l’heure, les marchés continuent d’avoir confiance dans l’indépendance. Puisque l’inflation continue de baisser vers l’objectif, ils partent du principe que le taux directeur sera encore abaissé deux fois en 2026 pour atteindre 3%.

Productivité: un véritable point d’inflexion

La récente hausse de la productivité aux États-Unis suggère que la vague IA procure des bénéfices durables à l’économie américaine. Ces avantages vont bien au-delà de la seule valeur des investissements dans les datacenters.

Portés par une productivité accrue et une progression plus lente du salaire horaire, les coûts salariaux unitaires ont reculé de 1,9% en glissement annuel au troisième trimestre. Surtout dans le secteur des services où le coût du travail constitue généralement la principale source d’inflation des prix. L’IA remplace déjà certains emplois: une bonne nouvelle pour les perspectives d’inflation et les marges des entreprises, et donc pour les marchés d’actions.

Pour le marché du travail, c’est une moins bonne nouvelle: la croissance des nouveaux emplois a ralenti en 2025. Comme la population active stagne, le chômage reste relativement bas à 4,4%. Cela explique immédiatement pourquoi le consommateur américain continue d’acheter.

Nos convictions

Les marchés d’actions réagissent négativement à l’incertitude.

Il est impossible de prédire l’évolution future des événements politiques. Le rallye des actions peut être temporairement interrompu et des prises de bénéfice peuvent apparaître. À ce moment-là, la concentration et le réalisme sont importants. En restant investi sur le marché avec un portefeuille bien diversifié, qui correspond à votre profil de risque et à votre horizon d’investissement, vous pourrez potentiellement atteindre vos objectifs à plus long terme.

Belfius maintient sa vision des marchés avec une position surpondérée en actions. L’économie américaine croît à un rythme assez soutenu, tandis que l’inflation évolue très progressivement vers l’objectif. Cela signifie qu’il y a probablement encore des baisses de taux à l’ordre du jour de la Banque centrale américaine, qui est un soutien supplémentaire pour les marchés d’actions. Les prévisions de bénéfice pour 2026 restent élevées tant pour les entreprises européennes qu’américaines, ce qui demeure le principal moteur des investisseurs. Enfin, les bourses réagissent généralement positivement à des gouvernements forts, assertifs ou même expansionnistes. La politique expansionniste peut accroître la part de marché mondiale des entreprises américaines et stimuler la rentabilité sur les marchés étrangers.

Belfius privilégie un portefeuille d’actions

  • Réparti sur toutes les régions.
  • Avec une orientation claire vers les secteurs de la technologie et des soins de santé.
  • Avec des entreprises qui bénéficient également du boom de l’IA (par exemple dans les énergies renouvelables, le secteur des services publics, les infrastructures...).

Sur la poche taux, nous privilégions les obligations d’entreprises de qualité et n’oublions pas les obligations des pays émergents. Celles-ci offrent toujours un rendement supérieur à celui des pays développés, avec une base solide.

Ce document, rédigé et diffusé par Belfius Banque, reflète la vision de Belfius Bank sur les marchés financiers. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une recommandation d’investissement, et ne relève pas d’une recherche d’investissement indépendante. Les chiffres mentionnés traduisent la situation à un moment donné et peuvent évoluer.

Pour un conseil personnalisé, adressez vous à votre Private Banker ou Wealth Manager, qui évaluera avec vous les implications de cette vision pour votre portefeuille.

Les performances passées (réelles ou simulées) et les prévisions ne constituent pas des indicateurs fiables des performances futures. Les résultats bruts peuvent être affectés par des frais, commissions et autres charges. Les performances exprimées dans une autre devise que celle de votre pays de résidence sont soumises au risque de change, avec un impact positif ou négatif. Si ce document évoque un traitement fiscal, celui ci dépend de la situation individuelle de chaque investisseur et peut changer.

Les entreprises citées le sont à titre d’exemple et ne constituent pas une recommandation d’achat.