Entre héritage et singularité
Grandir dans une famille d’entrepreneurs, c’est hériter d’opportunités. Mais aussi d’une question qui finit tôt ou tard par se poser: comment construire à partir de ce qui nous a été transmis sans perdre sa propre voix?
Dans cet épisode de Belfius Private Sessions, June Van Thillo, fondatrice de la plateforme de design The TwentyFour Six, et Boris Vervoordt, directeur d’Axel Vervoordt Company, croisent leurs regards. Sur cet entrepreneuriat qui s’apprend parfois dès l’enfance. Sur l’héritage familial et la liberté. Sur le mentorat, les relations humaines et le patrimoine comme responsabilité. Leurs parcours semblent différents. Pourtant, une même quête les réunit: comment rendre unique ce que l’on reçoit?
Donner une direction au patrimoine
La conversation entre June et Boris parle de bien plus que d’entrepreneuriat. Elle parle de ces choix qui déterminent la manière dont un patrimoine, des valeurs familiales et un sens des responsabilités se transmettent.
Chez Belfius Private, c’est l’essence de la planification successorale. Ne pas seulement faire fructifier un patrimoine, mais réfléchir à sa continuité, à sa transmission et à la place qu’il peut prendre au sein d’une famille, d’une entreprise et de la société.
L’entrepreneuriat autour de la table
Pour June et Boris, l’entrepreneuriat n’a rien d’abstrait. Il s’est installé très tôt à la table familiale, dans les conversations, les habitudes et les détails du quotidien.
Boris a grandi avec l’idée qu’entreprendre n’était jamais une simple question d’argent. Il s’agissait de réaliser des rêves et de construire ensemble quelque chose qui nous dépasse.
June se souvient, elle, de ces week-ends passés avec son père à analyser les journaux, post-it à l’appui. Qu’est-ce qui fonctionnait? Qu’est-ce qui pouvait être amélioré? Elle savait à peine lire, mais observait déjà les images, la composition, la qualité. La curiosité est devenue une seconde nature.
Pour tous les deux, l’entrepreneuriat n’était pas une destination. C’était une façon de regarder le monde.
Trouver sa propre forme
Grandir dans une famille d’entrepreneurs, c’est souvent recevoir des opportunités. Mais aussi des questions. Faut-il poursuivre ce qui existe déjà ou choisir délibérément une autre direction? June a eu la liberté de chercher sa propre voie, notamment au fil de ses études et de ses stages à l’étranger. Elle n’est pas partie d’un business plan soigneusement établi, mais d’une question plus simple: qu’est-ce qui me donne de l’énergie? C’est ainsi qu’est né The TwentyFour Six, une plateforme qui permet à June d’interviewer des créatifs du monde entier, puis de concevoir avec eux, à partir de leur histoire, un objet produit en édition limitée. On y retrouve des traces de ce qu’elle a reçu: la créativité, les médias, l’architecture, le storytelling. Pas de copie. Sa propre forme.
“Avec le recul, c’est peut-être un mélange de tout ce que l’on pouvait attendre de moi. Mais à ma façon.”
Pour de nombreux entrepreneurs de la nouvelle génération, cette question résonne. Le défi n’est pas toujours de rompre avec le passé. Parfois, la force consiste justement à le traduire autrement. À trouver une forme fidèle à ce que l’on a reçu, mais suffisamment personnelle pour lui donner un nouveau sens.
Continuer une histoire qui a déjà commencé
Pour Boris, la dynamique est différente. Axel Vervoordt Company est une entreprise familiale historiquement forte et à la renommée internationale. Il s’est senti responsable de faire vivre cette histoire à son tour. Non comme une obligation, mais comme quelque chose qui s’est imposé naturellement. Pour autant, il ne considère pas Axel Vervoordt Company comme une histoire achevée. Même une entreprise riche d’un passé important doit continuer à évoluer. Se réinventer.
“Notre entreprise est beaucoup plus proche d’une start-up qu’on pourrait le penser. Même si elle a cinquante ans, nous continuons à nous réinventer.”
La continuité, pour Boris, ne consiste donc pas à s’accrocher au passé. Elle consiste à regarder ce que l’avenir exige. C’est aussi la question qu’il se pose aujourd’hui pour la génération suivante. Non pas de savoir si elle doit rejoindre l’entreprise, mais quelle liberté lui donner pour faire ses propres choix. La transmission ne se résume alors plus à une question juridique ou organisationnelle. Elle devient une conversation sur le désir, le rôle, la responsabilité et le bon moment.
Toujours apprendre
Le mentorat occupe une place importante dans leur échange. Pour June comme pour Boris, il ne s’agit pas d’une relation figée entre un mentor et un apprenti. C’est une conversation qui se poursuit tout au long de la vie, faite d’idées, d’expériences et de regards qui se croisent.
June envisage le mentorat comme une succession de rencontres. On apprend quelque chose de quelqu’un, on le fait sien, on le transforme, puis on le transmet à son tour, parfois dans un tout autre contexte. Boris utilise, lui, l’image d’un jeune arbre. Un arbre continue de grandir. De nouvelles branches apparaissent, d’autres disparaissent. Il y a des tempêtes. Il faut parfois se relever. Mais tant qu’il y a de la vie, il y a de la croissance.
Une vision qui fait écho à l’entrepreneuriat contemporain. Dans un monde qui évolue vite, les connaissances ne sont jamais définitives. Le leadership demande une vision, bien sûr. Mais aussi la capacité de continuer à écouter, à apprendre et à remettre ses propres convictions en question.
La valeur humaine dans un monde numérique
L’intelligence artificielle et la digitalisation rendent de nombreux processus plus rapides et plus efficaces. Et c’est précisément pour cela que la valeur humaine devient plus importante.
Pour Boris, la véritable valeur ne se trouve pas dans la transaction, mais dans la relation. La technologie peut prendre en charge beaucoup de choses. Pas la question de savoir pourquoi une entreprise existe, ni ce qu’elle crée pour les autres. June constate la même évolution. Dans un monde où tout devient plus rapide et plus facilement reproductible, l’authenticité et l’existence d’une véritable communauté font la différence.
Cela vaut pour l’art, le design et l’entrepreneuriat. Mais aussi pour l’accompagnement patrimonial. L’information, à elle seule, ne crée pas la confiance. C’est le dialogue qui la précède qui importe. Comprendre ce qu’une personne souhaite réellement protéger, construire ou transmettre. Relier les chiffres aux valeurs. C’est là que réside la véritable valeur d’un accompagnement.
Liberté et responsabilité
Lorsque June et Boris parlent de patrimoine, ils partent d’expériences différentes. Mais leurs réflexions finissent par se rejoindre.
Pour Boris, le patrimoine a toujours été indissociable de la responsabilité. Il ne s’agissait jamais seulement de recevoir. Mais de faire partie d’un ensemble plus vaste. Il utilise une image forte: le patrimoine comme l’eau.
Pour June, le patrimoine est d’abord synonyme de liberté. La liberté de choisir. De chercher sa propre voie. Mais cette liberté finit, elle aussi, par devenir une responsabilité.
Elle l’a concrétisé avec la DPG Family Foundation, qu’elle a créée avec neuf autres petits-enfants. La fondation soutient des organisations qui œuvrent, par la prévention, à une société plus saine. Pour June, l’expérience a aussi été un exercice de gestion familiale: dix personnes issues de la même famille, avec le même héritage, mais chacune avec sa propre vision de l’engagement, de la contribution et de l’impact.
La gestion familiale commence par l’écoute
L’histoire de June montre qu’une fondation familiale peut être bien plus qu’un outil de gestion patrimoniale ou de philanthropie. Elle peut devenir un espace de dialogue entre générations. Qui participe aux décisions? Quelles valeurs voulons-nous transmettre? Quelle liberté voulons-nous laisser à la génération suivante pour y ajouter sa propre empreinte? Et comment faire en sorte que l’impact ne soit pas seulement animé par de bonnes intentions, mais aussi par des choix réfléchis?
Pour une famille, ces questions ne relèvent ni de la simple organisation ni du symbole. Elles commencent par de bonnes conversations. Celles qui permettent de faire émerger une vision commune et de poser les bases de choix cohérents.
La Belgique comme point de départ
June et Boris ont beau évoluer sur la scène internationale, la Belgique reste pour tous deux un point d’ancrage important. Pas par nostalgie. Mais pour ce qu’elle représente: la confiance, la qualité et la force des relations durables.
Pour Boris, la Belgique offre la sérénité nécessaire pour pouvoir toujours repartir de zéro. Entreprendre depuis ici est aussi, à ses yeux, intimement lié à des valeurs comme la démocratie, la culture et la responsabilité. June constate, elle aussi, que les entrepreneurs belges sont reconnus à l’international pour leur sérieux et leur fiabilité.
Entreprendre à l’international commence parfois simplement par un ancrage local solide. La Belgique peut être cette base depuis laquelle rayonner. Discrète. Solide. Connectée. Fiable.
Quelle portée pour votre patrimoine?
L’échange entre June Van Thillo et Boris Vervoordt invite à regarder le patrimoine autrement. Non seulement comme une transmission, mais comme un dialogue entre générations. Comment construire à partir de ce que l’on a reçu sans perdre de vue ses propres choix? Comment préparer la génération suivante? Et comment faire en sorte qu’un patrimoine ne se contente pas de conserver sa valeur, mais qu’il puisse aussi prendre tout son sens?
Leurs parcours montrent, chacun à leur manière, qu’une histoire familiale n’a pas besoin d’être un scénario déjà écrit. Elle peut être un point de départ. Une source. Un cadre à partir duquel chacun construit sa propre forme.
C’est peut-être là toute l’essence de Your wealth. Your voice.
Votre patrimoine est une voix. Il dit quelque chose de vous. De vos convictions. De ce que vous choisissez de protéger. De ce que vous rendez possible.
Chez Belfius Private, nous croyons que l'accompagnement patrimonial commence par l'écoute. Comprendre votre parcours, vos ambitions et ce que vous souhaitez transmettre nous permet de construire, avec vous, une stratégie qui donne une direction à votre patrimoine, aujourd'hui comme pour les générations à venir.
Cette publication est publiée pour information uniquement. Aucun droit ne découle de son contenu. Belfius Banque ne garantit en aucun cas l'exhaustivité des informations contenues dans cette publication et n'assume aucune responsabilité résultant d'une représentation incorrecte ou incomplète de ces informations. Belfius Banque ne peut être tenue responsable des dommages directs ou indirects résultant de l'utilisation de cette publication. Les droits de propriété intellectuelle de Belfius Banque doivent être respectés à tout moment. Le contenu de cette publication ne peut être reproduit sans l'accord écrit préalable de Belfius Banque. N’oubliez pas qu’investir comporte des risques et des frais.
Belfius Banque SA • Place Charles Rogier 11, 1210 Bruxelles
+32 2 222 11 11 • belfius.be • IBAN BE23 0529 0064 6991 • BIC GKCCBEBB
RPM Bruxelles TVA BE 0403.201.185 • FSMA n° 19649 A

