Quand l’ambition devient patrimoine
Construire une entreprise demande de l’ambition. Construire un patrimoine demande de la discipline. Mais créer une valeur durable commence encore plus tôt. Par oser faire les choix qui nous ressemblent.
Dans cet épisode de Belfius Private Sessions, l’entrepreneure et investisseuse Conny Vandendriessche, cofondatrice d’Accent Jobs, et Kathleen Van den Berghe, ingénieure, entrepreneure dans le vin, le tourisme et l’art et Master of Wine, croisent leurs regards. Leurs parcours sont très différents. Conny a transformé une entreprise de ressources humaines en groupe international. Kathleen a quitté une brillante carrière dans le conseil pour entreprendre dans un univers où savoir-faire, expérience et tradition se rencontrent.
Leur conversation ne parle pas du succès comme d’une destination finale, mais des choix qui le précèdent et de ceux qu’il impose ensuite. D’ambition et de doute. De risque et d’indépendance financière. De leadership féminin, de croissance, de coaching et de génération suivante.
Le succès commence souvent avant le business plan
Derrière chaque parcours entrepreneurial, il y a une motivation personnelle. Parfois une opportunité. Parfois une conviction. Parfois simplement le sentiment qu’il faut essayer.
Pour Kathleen Van den Berghe, c’est avant tout l’envie d’apprendre en permanence. Cette attitude traverse tout son parcours. D’ingénieure à consultante chez McKinsey. Du conseil au vin. De passionnée de vin à Master of Wine. Non pas pour prouver quelque chose aux autres, mais pour devenir chaque fois une meilleure version d’elle-même. Pour Conny Vandendriessche, le point de départ était différent. Elle voulait prouver qu’elle en était capable, à une époque où l’entrepreneuriat féminin allait moins de soi. Mais, là aussi, le besoin de prouver a progressivement laissé place à autre chose.
Chez toutes les deux, l’ambition a fini par évoluer vers la responsabilité. Entreprendre est devenu moins une quête de reconnaissance qu’un exercice au long cours. Continuer à grandir.
La sécurité qui nous empêche d’avancer
Kathleen Van den Berghe avait tout d’une carrière réussie. Ingénieure de formation, passée par la consultance, elle travaillait sur des projets internationaux et bénéficiait de toutes les opportunités que cela pouvait offrir. Et pourtant, quelque chose lui manquait. Elle sentait qu’il était temps de suivre sa propre voie.
Aujourd’hui, elle développe une activité autour du vin, du tourisme et de l’art. Elle crée des produits, imagine des expériences, réunit des personnes autour d’un goût, d’un lieu ou d’une histoire. Elle n’a pas laissé son parcours analytique derrière elle. Au contraire. Il continue de guider sa manière d’entreprendre : avec curiosité, structure et l’envie constante de créer de nouvelles possibilités.
Beaucoup d’entrepreneurs reconnaissent ce moment charnière. Non parce que le chapitre précédent était une erreur. Mais parce que le suivant ressemble davantage à ce qu’ils veulent vraiment devenir.
La croissance demande de la résilience
L’histoire de Conny commence modestement, mais prend rapidement de l’ampleur. Accent Jobs passe d’un bureau à un groupe international de ressources humaines. Un tel parcours demande plus que de l’ambition. Il demande du rythme, de l’énergie, de la résilience et la volonté de faire sans cesse de nouveaux choix. Et surtout, de sortir de sa zone de confort.
“On n’accomplit rien assis dans son fauteuil. On accomplit des choses en prenant des risques, en allant de l’avant, en encaissant les coups.”
Cette phrase résume bien la philosophie de Conny. Elle croit profondément à l’action. Entreprendre, c’est avancer, même lorsque toutes les décisions ne s’avèrent pas les bonnes. Une première acquisition à l’étranger, en Espagne, ne s’est pas déroulée comme prévu et a finalement été arrêtée. Une expérience difficile, mais aussi un moment particulièrement riche en enseignements. Kathleen décrit cette même réalité plus simplement: trial and error. Savoir s’arrêter quand il le faut. Continuer quand c’est possible.
La croissance demande donc de l’ambition. Mais aussi de la résilience.
Le risque comme boussole
Conny Vandendriessche et Kathleen Van den Berghe prennent toutes deux des risques. Mais pas de la même manière.
Kathleen cherche ses repères dans l’analyse. Elle envisage différents scénarios, pèse les conséquences possibles et définit à l’avance ses limites. Non pas pour éviter le risque, mais pour pouvoir l’aborder consciemment. Conny, elle, a davantage entrepris à l’intuition dans ses premières années. La passion et la conviction la poussaient en avant. L’échec n’était pas une option. Il fallait que cela fonctionne. Cette approche lui a donné de la vitesse et de la force. Mais elle lui a aussi appris, avec le temps, une autre chose: le succès peut attirer le risque.
C’est peut-être l’une des questions les plus difficiles pour un entrepreneur.
Non seulement, oserais-je faire le pas? Mais vais-je encore dans la bonne direction?
Donner de l’espace à l’ambition féminine
Kathleen a évolué dans des secteurs où les femmes étaient souvent minoritaires. Pourtant, elle regarde rarement son parcours à travers le prisme du genre. Pour elle, la force des entrepreneures réside notamment dans leur visibilité. Dans les modèles qu’elles donnent à voir.
Conny part davantage de l’action. Elle s’est notamment engagée auprès de WeAreJane pour permettre aux entrepreneures d’accéder au capital, au conseil et à un réseau solide. La nuance est importante. L’entrepreneuriat féminin a besoin d’inspiration. Mais aussi d’infrastructures, de financement et de mentors. D’investisseurs capables de regarder le potentiel sans se laisser freiner par les différences dans la manière d’exprimer son ambition.
Toutes deux s’arrêtent aussi sur l’importance des mots. Conny constate que les femmes formulent parfois leurs ambitions avec davantage de prudence. Des mots comme « peut-être », « nous espérons » ou « nous essayons » peuvent, sans le vouloir, faire entendre du doute. Chez Accent Jobs, elle a ainsi travaillé avec un dictionnaire positif. Non pour masquer la réalité, mais pour orienter l’énergie. Un problème devenait un défi. Un doute, une occasion de formuler les choses plus clairement. Kathleen partage l’importance des mots, tout en restant fidèle à ses propres valeurs: honnêteté, justesse et transparence. La conviction ne doit jamais devenir artificielle. Mais lorsqu’on veut faire grandir une idée, il faut aussi oser montrer qu’on y croit.
L’indépendance financière n’est pas un détail
L’un des enseignements les plus marquants de leur échange ne concerne ni les grandes acquisitions ni la croissance internationale. Il concerne quelque chose de plus fondamental: la connaissance financière.
Ne pas attendre plus tard. Ne pas tout déléguer à son partenaire. Ne pas penser que les petits montants ne comptent pas. Nous vivons longtemps. Et lorsque l’on commence trop tard à s’intéresser à sa pension, à son patrimoine ou à ses investissements, certaines opportunités peuvent déjà être passées.
Pour Conny, il ne s’agit pas d’un risque abstrait, mais d’un appel à la prise de conscience. Kathleen évoque de son côté l’effet des intérêts composés: de petites sommes investies tôt peuvent produire, avec le temps, des effets considérables. Le message est simple. Et essentiel.
Par le fait d’oser poser des questions. De savoir ce que l’on possède, ce que l’on construit et quels choix l’on fait aujourd’hui pour demain. Au sein des familles aussi, la continuité du patrimoine demande plus qu’un simple transfert de moyens. Elle commence par la connaissance, la compréhension et la confiance nécessaires pour faire ses propres choix.
Grandir, c’est apprendre à lâcher prise
Pour Conny, le leadership est indissociable de la confiance accordée aux autres. Une entreprise ne grandit véritablement que lorsque son fondateur accepte de ne plus tout retenir.
Au début, le contrôle est souvent une force. Mais à mesure que l’entreprise grandit, il peut rapidement devenir une limite. Passer d’un bureau à plusieurs centaines ne peut fonctionner qu’en construisant la confiance, avec des cadres clairs, des systèmes, des chiffres et un suivi rigoureux. Kathleen Van den Berghe a fait un autre choix. Elle puise son énergie dans l’entrepreneuriat: développer de nouvelles idées, créer des produits et donner une direction. La gestion des personnes et l’administration, elles, sont confiées à ceux qui disposent de davantage d’expertise dans ces domaines. Le leadership consiste parfois aussi à reconnaître que certaines choses peuvent être mieux faites par d’autres.
De la passion à la valeur
Chaque entreprise commence par une idée et l’énergie nécessaire pour la faire exister. Par une founder’s mentality. Conny se souvient qu’au début, tout tournait autour d’une mission simple : mettre des personnes au travail. C’était là que se trouvait l’énergie. L’EBITDA et les marges sous-jacentes n’étaient pas au centre de chaque journée. Mais lorsqu’une entreprise veut grandir, cette ambition doit tôt ou tard pouvoir se traduire en chiffres.
Avec la croissance d’Accent Jobs, Conny a vu l’importance croissante des données financières. Aujourd’hui, en tant qu’investisseuse, elle constate que de nombreux entrepreneurs connaissent parfaitement leur chiffre d’affaires, mais beaucoup moins bien ce qui crée réellement de la valeur. Ce manque de maturité financière peut rendre leur entreprise plus vulnérable. Kathleen Van den Berghe, elle, se sent parfaitement à l’aise dans cette clarté financière. Comme elle le dit elle-même: « Je vis ma vie dans Excel. » Pour elle, les chiffres ne limitent pas la créativité. Ils donnent de la visibilité et permettent de prendre de meilleures décisions.
Une croissance durable demande donc plus que de la passion. Elle demande aussi de la compréhension financière.
Continuer à apprendre comme forme de leadership
Le coaching et le mentorat vont de pair.
Kathleen Van den Berghe se fait accompagner depuis des années. Non parce qu’elle manquerait de direction, mais parce qu’elle veut continuer à apprendre et qu’elle est convaincue que chaque nouvelle étape apporte son lot de nouveaux enseignements. Conny Vandendriessche considère elle aussi les modèles, les mentors et les coachs comme l’un des facteurs de sa réussite. Mais elle fait une distinction importante : écouter ne signifie pas forcément changer. Un conseil n’a de valeur que lorsqu’il se transforme en action.
Cela vaut aussi pour les entreprises familiales. Elles sont régulièrement confrontées à des choix pour lesquels un regard extérieur ou un accompagnement peut ouvrir de nouvelles perspectives. Continuer à apprendre n’est pas un signe d’incertitude. C’est une forme de responsabilité.
Préparer la génération suivante, c’est lui laisser de l’espace
Pour Conny, la transmission prend aujourd’hui une forme très concrète au sein du family office. Son fils n’aborde pas l’investissement de la même manière qu’elle. Plutôt que de gommer ces différences, elle choisit de lui laisser de l’espace. Un budget personnel pour investir librement, des règles claires et la liberté d’acquérir sa propre expérience. Kathleen souhaite elle aussi transmettre avant tout des valeurs à ses enfants. Le goût du travail. La responsabilité financière. Et la liberté de tracer leur propre chemin.
Pour les familles disposant d’un patrimoine important, l’enjeu est similaire. Il ne s’agit pas seulement de transmettre un patrimoine. Mais aussi la confiance et la responsabilité nécessaires pour en faire bon usage. Conny et Kathleen montrent que cette préparation ne commence pas au moment de la transmission. Elle commence bien avant.
Quelle portée pour votre patrimoine?
L’échange entre Conny et Kathleen invite à regarder le patrimoine autrement. Non seulement comme le résultat d’un succès, mais comme quelque chose qui demande une attention constante : évaluer les risques, continuer à apprendre, faire confiance, regarder plus loin et savoir lâcher prise lorsque le moment est venu.
Ces principes ne concernent pas uniquement les entrepreneurs. Quiconque souhaite protéger son patrimoine, le faire grandir ou préparer sa transmission se retrouve tôt ou tard face à des questions similaires. Comment garder le cap dans un monde qui change? Comment créer des opportunités sans perdre de vue le long terme? Comment laisser de l’espace à la génération suivante sans renoncer à la responsabilité?
C’est peut-être là toute l’essence de Your wealth. Your voice.
Votre patrimoine est une voix. Il dit quelque chose de vous. De vos convictions. De ce que vous choisissez de protéger. De ce que vous rendez possible.
Chez Belfius Private, nous croyons que l'accompagnement patrimonial commence par l'écoute. Comprendre votre parcours, vos ambitions et ce que vous souhaitez transmettre nous permet de construire, avec vous, une stratégie qui donne une direction à votre patrimoine, aujourd'hui comme pour les générations à venir.
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